LE PHENOMENE SOCIAL DES BETUTA CHEZ LES SAWA BATANGA
Une exploration d’un aspect de la société Sawa
Batanga
Par Mpeke Mu Ntonga
Londres ce 8.07.2006
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Le peuple Batanga comme la plupart des peuples
Sawa du Cameroun se caractérisent par une
organisation sociétale qui existe bien avant
l’apparition des occidentaux sur les bords du
Wouri et sur les côtes du Sud et du Sud ouest du
pays. Il est influencé par certaines valeurs
séculaires qui restent ici les éléments
fondamentaux qui permettent de maintenir un
certain équilibre et cohésion dans la société.
L’un de ces éléments fondamentaux est le phénomène
non moins populaire des associations d’âges encore
appelé Bétuta. Les Bétuta ont traversé des
époques. Elles restent plus que jamais, l’une des
preuves de l’héritage ancestral démontrant la
capacité qu’avaient les ancêtres Sawa Batanga à
créer des structures permettant de maintenir
l’équilibre dans les sociétés traditionnelles.
Nous vous entraînons par cet article dans les
méandres de la société traditionnelle Batanga pour
découvrir un genre de vie qui perdure dans le
temps malgré les interdictions des précédents
régimes. Avant tout, voici une approche de
définition des Bétuta, leurs objectifs/buts, leur
mode de fonctionnement, et leurs impacts dans la
communauté Batanga aussi bien que leurs
perspectives d’expansion.
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Définition des Bétuta/
Les Bétuta chez les Sawa Batanga sont des
associations d’hommes et femmes de mêmes âges
vivant dans le même village, groupement, où la
même ville. Ce sont des organisations
traditionnelles qui existent depuis des temps
immémoriaux, initiés par l’élite ancestrale. Elles
ne discriminent pas mais plutôt favorisent
l’intégration dans la société. C’est aussi le
signe de l’entrée dans la vie adulte pour les
jeunes adolescents où ont lieux les premières
initiations à la vie sexuelle.
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Les Objectifs des Betuta/
Les Bétuta ont pour objectif premier, le maintien
de la cohésion sociale des clans et groupements du
peuple Batanga et leurs voisins immédiats (Bakoko,
Ngumba, Mabéa , Iyassa et même Bulu). Elles sont
aussi un moyen de renforcement de la solidarité et
la maintenance de ce qui restent de valeur
traditionnelle après que l’invasion culturelle
occidentale ait forcé par le truchement de la
religion chrétienne a abandonner la production
traditionnelle artisanale (masques et autres
formes d’objets d’usage quotidien pour le maintien
et le développement de la société). Les Bétuta,
ont aussi pour mobile de renforcer le sentiment
d’appartenance à un groupe de personnes, du même
peuple nées au cours d’une même année. Chez les
Batanga, ces associations sont sacrées, car elles
régulent la vie dans les communautés et mieux,
elles sont l’expression d’une affirmation
identitaire Batanga./
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Leur mode de fonctionnement/
Il n’y a pas de réelle limite d’ages pour se
constituer en Étuta. Au cours des vingt dernières
années ont a assisté a la constitution des Bétuta
de l’âge de 15 ans et même plus bas que cela. En
fait, les jeunes adolescents de même âge se
réunissent et décident de choisir un leader et de
donner un nom à leur groupe d’âge. Il faut
remarquer ici que la tradition veut que ces
leaders de groupe aient démontré un sens de
responsabilité ou d’intelligence par leurs idées
et leur démonstration de solidarité envers les
moins expressifs. Il faut aussi que les noms de
groupes aient une définition positive qui
projètent le groupe dans l’avenir. Il existe par
exemple des associations d’âges qui se dénomment
Mabiya etc. etc. Mabiya veut tout simplement dire
les sagesses. La chose la plus importante pour
les Bétuta est sa dénomination, pour cela, des
sérieux débats ont lieu pour choisir ce nom qui
permettra au groupe de se déployer dans le temps
en donnant à ses adeptes un sentiment commun de
fierté et d’appartenance. Les Bétuta ont évolué
et aujourd’hui fonctionnent comme des associations
lois 1901 tout en gardant leur aspect traditionnel
qui veut qu’on ne s’exprime ici qu’en Banoho,
Batanga ba Nda, Bapuku ou Bapuhu, Iyassa et voire
même Mabéa, Ngumba, Bakoko, qui sont des langues
Batanga et des langues des villages amis
environnants avec lesquels se sont toujours nouées
des relations cordiales et de partages. Tous les
membres des Bétuta, selon la tradition s’appellent
Mola ou Molé avant le nom propre de l’individu a
qui on s’adresse. Par exemple, Mola Ntonga. C’est
une forme d’accentuation des rapports qui a la
force de garder respect et l’estime de l’autre.
Mola c’est aussi une marque d’affection. Le tout
avec des slogans qui redynamisent permanament le
groupe.
La modernisation des Bétuta a vu la création des
bureaux exécutifs avec à la tête un bureau plus
étendu comportant à sa tête un président, ou
présidente, un ou une secrétaire général puis des
commissaires aux comptes pour des associations qui
peuvent s’en offrir. Dans les Bétuta des moins
âgés, l’organisation est basique et restreinte à
un, deux, ou trois leaders. Il y un président ou
une présidente puis un secrétaire ou une
secrétaire générale puis des membres. /
Au cours de ces séances on débat aussi des sujets
qui touchent le développement de l’association et
de ses membres. Mais le plus souvent, les sujets
sont axés sur les préparatifs des fêtes telles que
le Febuary et le Mayi qui sont l’apothéose
annuelle de chaque association d’ages qui occupent
une place égale a celle des autres associations
sans discrimination d’âges. Les associations
d’âges (Betuta chez les Batanga n’ont pas beaucoup
évolues. Elles restent basées sur les vieux
objectifs de soutien psychologique au moment des
difficultés d’un des membres tels que les décès et
aussi de soutien au moment de réjouissance tels
que les naissances et mariages. Le soutien est
moral et matériel. Matériellement il se
caractérise par une collecte de fond par les
membres et qui est donné au membre ayant perdu son
parent ou ayant eu un nouveau né dans sa famille.
Au cours des dernières années, les Betuta se sont
modernisés assez légèrement en abordant
progressivement l’aspect d’action d’aide au
développement des membres en offrant aux membres
les plus démunis des fournitures scolaires pour
leurs enfants etc./
Les séances des Bétuta se tiennent tous les
samedis dans l’après midi chez un des membres du
groupe après un calendrier pré établis. Le membre
qui reçoit le groupe prépare son domicile pour
accueillir cette importante réunion. La réunion
commence par un ordre du jour qui aborde les
sujets clés du groupe. Plu tard les débats se
terminent sur un diner. La tradition veut que
parmi les mets qui figurent sur le buffet soit
présent le Ebanjéa et Méonde. Un met traditionnel
fait a base de poisson frais, de citron, de
piments, d’ail et accompagner avec des Méondo (la
patte de manioc fermentée emmaillotée dans des
feuilles de plantes forestières et bouillie dans
de grandes casseroles)./
La partie festive est donc rythmée par des chants
traditionnels, créer par des membres ou par des
chansons anciennes voir même celles créer par les
groupes de plus âgés. Le Mbaya qui est une dense
traditionnelle Batanga est alors executée avec
prouesse pour clôturer cette séance. L’essentiel
étant de donner à la fin de la séance sa réussite
pour le membre qui reçoit le groupe./
Dans la soirée du samedi à Mboamanga, les Bétuta
se prolongent parfois et sont généralement le
théâtre de scènes de denses Mbaya dans les
gargotes et bars pour les adultes, dans la rue
pour les moins jeunes et dans une atmosphère de
fête et de respect de la vie et de la personne des
autres. /
Chez les Sawa Batanga, les Bétuta, restent un
élément sacré du maintien de l’équilibre et la
cohésion de la communauté et du peuple tout
entier. Les Bétuta transcendent les problèmes de
familles, de clans de tribus car elles sont régies
par la seule volonté de renaître, continuer
ensemble, voir la vie du bon côté n’eut été la
misère et la souffrance. Elles ont permis aux Sawa
Batanga de survivre des moments les plus
difficiles. Aujourd’hui, le peuple Batanga paye
encore cher le prix de la perte de certaines de
ses valeurs identitaires traditionnelles,
néanmoins, les Betuta, restent les lieux où
s’émeut et se reconstruit la fierté du passée et
la conservation de ce qui reste de plus chers; ce
simple sentiment d’appartenance a un groupe d’amis
(es) et d'un peuple avec lesquels (elles) ont
célèbre la vie.
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L’avenir des Betuta/
Les Bétuta ont encore de très beaux jours devant
eux. Mieux, certains pensent déjà a leur
modernisation ou encore adaptation avec les
besoins de notre temps. L’idée qu’elles s’occupent
un peu plus de l’action sociale et d'aide au
développement est essentielle et a encourager.
Certains Bétuta offrent des aides financiers aux
écoles des villages Batanga de Kribi. Néanmoins,
il serait encore plus encourageant de voir ces
associations d’âges de types traditionnels devenir
des réels acteurs de la revalorisation et de la
régénération culturelle de la société Sawa
Batanga. Ce ci peut aussi avoir l’avantage de
donner plus de dynamisme aux deux célèbres fêtes
commémoratives des Batanga qui sont le Febuary et
le Mayi. C’est une équation difficile d’autant
plus que certains Sawa Batanga choisissent de
vivre en ville ou les denrées pour créations
artistiques sont rares ou chers. Il y a tout de
même une piste chez les Sawa Batanga tout comme
chez les autres peuples Sawa qui vivent dans les
villageset ou peuvent s’initier des programmes de
développement culturel qui encouragent la création
artistique variée en se servant de la dynamique
des Bétuta, qui sont un vivier culturel a
potentiels énorme. Les associations d’âges des
Sawa Batanga sont un socle indestructible dont les
racines sont profondément encrées dans les meurs./
Si aujourd’hui, les Sawa Batanga sont fiers de se
retrouver entre hétérogènes tendances claniques
sans problèmes majeurs, ils le doivent beaucoup
aux associations d’âge qui aident à garantir une
certaine solidarité et un certain débat social
Batanga qui vise à l’entraide immédiate et aux
réjouissances. Les Bétuta, restent le plus fort
élément de rattachement aux valeurs
traditionnelles qui restent au peuple Sawa
Batanga. Les Bétuta, plus qu’une résistance
culturelle, rappèlent que tout a été ravagé mais
pas l’ âme, la conscience du peuple Batanga qui
reste une source de sagesse ancestrale Sawa et
Bantu qui se doit d’être sans cesse régénérée pour
un développement plus effectif.
Posted 08:25
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