Route Yaoundé-Kribi : le chantier est ouvert
Yaoundé, 29 novembre 2006
© Serges Olivier OKOLE, Cameroon Tribune
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La construction du premier tronçon reliant la
capitale à la localité d’Olama est déjà lancée.Un
espoir pour les populations et les chercheurs
d’emploi.
L’ambiance est toute particulière au carrefour
juste en face de la station de pesage de Nomayos,
à quelques kilomètres de Mbankomo. Des bandes de
jeunes, apparemment oisifs, encombrent la chaussée
ou rasent les murs d’un chantier. Ce sont des
chercheurs d’emploi, attirés par le début des
travaux de construction des 80 km de l’axe
Yaoundé — Olama, en passant par Ngoumou et Akono.
C’est le premier tronçon de la route Yaoundé —
Kribi. " Certains jours, nous sommes plus de 500
personnes ici. Pour la plupart, nous sommes
maçons, chauffeurs, ou tâcherons sans formation
particulière. Pour le moment, le recrutement
général n’a pas encore commencé. Seuls les
chauffeurs de camions passent chaque soir un
test… " Pourtant, obstinés et insouciants du tohu-
bohu d’une bétonneuse qui crache à grand renfort
de toussotements assourdissants son contenu de
mortier, Abou’ou Léopold Magloire et bon nombre de
ses congénères tentent de vaincre le sommeil, en
fumant une cigarette ou en se dégourdissant les
jambes au petit marché spontané qui s’est ouvert
non loin de là. Il n’est surtout pas question de
manquer une quelconque opportunité ; on ne sait
jamais à quelle heure peut survenir la chance.
Même si, pour la plupart, ils ont passé la nuit à
la belle étoile et que pour certains c’est depuis
deux mois que ça dure.
Dans l’enceinte du lieu de travail, une dizaine
d’ouvriers s’active, moulant des parpaings ou
montant des murs. C’est ici que sera installée
l’une des bases de la société Arab Contractors,
adjudicatrice du marché. Les travaux ont
effectivement commencé au mois de juillet par
l’installation des bases et des structures du
chantier. Du coup, une sorte de frénésie est
perceptible, autant chez les populations
riveraines, que chez de nombreux jeunes chercheurs
d’emplois qui s’y sont rués. Tout le long de la
bretelle reliant le quartier Mendong au village
Nomayos, l’espoir de retrouver la "
civilisation " - ce tronçon était sur l’ancien
tracé de la route de Douala — irradie presque les
visages. Surtout que, depuis quelques semaines,
les travaux de terrassement ont effectivement
commencé. Assis dans la cour de sa concession, un
vieillard observe, presque admiratif, une équipe
de topographes à l’œuvre. Plus loin, c’est une
bande de jeunes gens qui s’extasient sur la
puissance présumée d’une demi-douzaine d’engins
garés le long de la route. A l’approche d’un
véhicule, les badauds s’égaillent dans un buisson
pour fuir l’épais nuage de poussière qui s’élève.
Dans leur sourire agacé ou narquois, on croit lire
l’expression d’un condamné nouvellement gracié,
qui vit les derniers instants de son calvaire. Une
tout autre ambiance règne au siège du chantier.
L’air studieux du chef de la mission de contrôle
et de ses collaborateurs ne prête effectivement
pas à la rêverie. Ce même jour, le chantier doit
recevoir une équipe de bailleurs de fonds. Il
faudra les convaincre de la bonne marche des
travaux. Avec force argumentation, Echikh Mokdad
explique comment et pourquoi il faut une route de
bonne qualité — le revêtement sera de 5 cm de
béton bitumeux — et au moindre coût. Mais aussi,
il faudra pouvoir la livrer en respect du délai de
24 mois imparti aux travaux.
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